Jour 5: Battle, Bodiam and Canterbury
Aube du dernier jour. L'occasion de se réveiller une dernière fois avec le soleil avant de ranger la chambre légèrement envahie par (au choix mais non exhaustif) :
- des vêtements en boule
- des cables en tous genres
- des croûtes de boue des Seven Sisters
- des emballages de sachets de thé + capsules de lait
- les serviettes de l’hôtel, en boule aussi

- des peluches
- des livres
- des cadeaux
- des sacs plastiques divers et variés…
Heureusement qu’on ne restait que 5 jours…
Direction la salle à manger pour un dernier petit déjeuner Pantagruélique et nous nous installons dans la voiture, chargée, à 8h pétantes.
La question se pose alors : On fait quoi avant Bodiam?
Bodiam étant un château du 14ème siècle en ruine (ruiiiiiiiine *_*) entouré de douves que nous avons prévu de visiter sur la route du retour. Problème : il n’ouvre pas avant 10h.

Nous décidons donc de faire une escale à Battle, là où Guillaume le conquérant (encore lui) a vaincu le roi Harold (ce n’est donc pas à Hastings comme tout le monde le dit, mais bien 4 km plus haut.)
Le guide nous vante la visite de l’Abbey et des promenades entourant le Battlefield (les champs de bataille.) et donc, Let’s Go, Marco, nous voilà sur la route menant à Battle.
Nous arrivons de bon matin et devons, comme à notre habitude, nous garer sur un parking payant (il va vraiment falloir que j’investisse dans un guide des parkings britanniques gratuits…)
Petite consolation, l’Abbaye a effectivement l’air jolie de loin. Tant mieux, d’ailleurs, puisque nous ne la verrons pas de près : c’est une école, et il est donc hors de question d’aller embêter les élèves qui souffrent en silence dans un décor digne de Poudlard.

Nous mendions quelques clichés rapides avant d’aller nous consoler dans la rue principale (et unique) de Battle.
Petit tour dans le parc d’une église, passage devant un pub nommé 1066 (comme tous les pubs alentours), achat d’un Union Jack au passage pour redécorer le mur de ma classe une fois rentrée et petite discussion avec l’Autochtone qui m’apprends que, décidément, mon "have a good day" sonne par trop américain et que je dois préférer "have a nice day" qui est bien plus so British…
Un jour j’arriverai à passer un séjour en Angleterre sans en ressortir mortifiée… un jour…
Histoire de rentabiliser les 3£ du parking, nous faisons quelques pas vers le battlefield avant de rebrousser chemin et de partir pour Bodiam.

Arrivés à l’heure convenue, nous nous garons sur le parking où l’on nous demande 2£. Surpris que le château ne soit pas plus cher, je préfère demander des précisions. C’était bien sûr trop beau pour être vrai… Le parking est payant, et le château aussi…

Nous nous dirigeons donc vers l’entrée du château en flânant le long des douves et entre les canards et écureuils qui peuplent la zone… Nous dépassons une étrange sculpture en train de s’imbiber doucement de rosée sur le sol et nous décidons finalement que la promenade autour des douves est probablement bien plus jolie que l’intérieur du château qui, d’après ce que j’en ai vu, reste assez classique.
Nous finissons par conséquent notre promenade dans les effluves de feu de broussailles (hmmmm) et nous repartons vers la voiture pour prendre la direction de Canterbury, quitte à y arriver plus tôt et pouvoir profiter à la fois de la cathédrale et des boutiques avant de devoir retourner vers Douvres.

Arrivés dans la ville de Chaucer, nous laissons la voiture dans un des parkings principaux (3£ aussi… on remarque le sens de la mesure des anglais entre un parking à 3£ le long d’un champ et celui au même prix en centre ville…) et nous commençons à flâner dans les rues bordées de maisons anciennes et de sculptures en bois.

Nous n’aurons pas le temps de visiter l’exposition sur les personnages des Contes de Cantorbéry mais nous décidons de nous offrir la cathédrale (oui, rien que ça).

Nous passons sous l’entrée plutôt jolie et colorée pour déboucher sur le parc entourant la cathédrale. Le temps de faire le tour du bâtiment et de prendre Windsor en photo dans les bras d’une statue bizarre (dont nous apprendrons plus tard qu’il s’agit d’une représentation atypique de Jésus… oups, boulette…) et nous entrons dans le bâtiment…
C’est une très belle cathédrale, aucun doute là dessus… si seulement ils pouvaient enlever les échafaudages…
Les murs sont assez sobres, parfois ornés de niches avec gisants, ou de bas reliefs en marbre.
Nous passons dans la salle du martyr de Thomas Beckett, archevêque de Canterbury assassiné par des chevaliers un peu trop zélés qui avaient pris une remarque exaspérée du roi au pied de la lettre… dommage pour Thomas.

Nous esquivons adroitement un groupe scolaire et filons dans la crypte avant de finir notre visite par le chœur. Je ne sais pas si c’est le prix, les échafaudages ou les gamins braillants, mais cette cathédrale me laisse un souvenir de gâchis. On aurait pu, mais on n’y était pas.
Nous décidons finalement de nous offrir une pause bien méritée au Caffè Nero du coin (aaaaah, le Caffè Nero)
Suivent en vrac quelques photos restantes de notre excursion Cantorbérienne
Après une autre journée bien remplie, nous repartons finalement pour Douvres où nous attend le bateau. L’autre bonne surprise de la compagnie, c’est que, quelle que soit l’heure sur votre billet, vous prenez le bateau qui est à quai. Nous sommes donc partis aux alentours de 17h au lieu de devoir attendre jusqu’à 19h, ce qui nous permet de voir de belles lumières sur les falaises qui s'effacent au fur et à mesure.
Encore beaucoup de jolies choses vues pour nos premières explorations dans le Sussex… je finirai donc cette note remettant deux choses au clair.
Cette image est vraie:
Celle-ci est fausse ;)
Jour 4: Nymans, Sheffield Gardens et Alfriston
Cette fois ci, la météo annonce carrément du Bleak and Dull. Comprenez cette fois "comme hier mais en plus froid".
Le programme de la journée est chargé. Nous devons d’abord nous rendre à Nymans (prononcer Naïmance) et visiter les jardins (qui présentent plutôt bien sur le livret), avant de repartir vers un autre parc de Capability et finir sur un petit village aux alentours d’Eastbourne qu’une de mes collègues m’a conseillé, j’ai nommé : Alfriston.
Nous voilà donc repartis pour la première étape de la journée. Nymans n’ouvre qu’à 10h mais les distances sur routes anglaises prennent toujours plus de temps et nous arrivons un peu avant l’ouverture. En même temps que des familles-à-poussettes, assorties de leurs ragondins-à-bonnet qui s’amusent à se jeter des pierres (o_O !) sous l’œil complaisant de leurs parents.
Nous entrons prendre nos places et engageons la conversation avec l’hôtesse d’accueil à propos des choses-à-ne-pas-manquer et de la durée des promenades prévues dans les bois alentours, histoire de laisser s’éloigner la meute hurlante.
La charmante dame nous entoure alors les points d’intérêts sur la carte du par cet nous explique qu’en cette saison, le plus intéressant est de passer par les carpets of snowflakes pour arriver au winter walk qui est très coloré, même en février.
J’apprends par la même occasion que « perce-neige » se dit snowdrop et que les fameux snowflakes n’ont rien à voir avec de la neige, mais sont simplement une variété différente avec une fleur en cloche.
Nous partons donc à l’opposé des autres visiteurs pour visiter le parc avant de finir par une randonnée dans les bois.
Nymans est un parc botanique organisé autour d’une ruine on ne peut plus romantique, à quelques kilomètres au nord de Brighton. Nous avons quand même été assez frustrés de notre visite, pour cause de lumière uniforme et surtout, pour cause d’absence de fleurs… Ben oui, Quand on visite un parc botanique en février… il faut s’attendre à quelques déceptions.
Ceci dit, ça donne envie d’y retourner en Avril ou en été.
Nous voyons donc principalement des camélias, des perce-neiges, quelques fleurs inconnues et d’autres fleurs à bulbe qui commencent à poindre. Nous passons par un jardin de haies avant de déboucher sur la ruine (jolie, je dois avouer) et de nous diriger vers le fameux very colourful winter walk.
Effectivement, je leur tire mon chapeau. Le chemin est bordé d’osier rouge / blanc / orange et de fleurs à bulbe (iris, crocus), de camélias, et d’un massif que je ne connais pas mais dont les fleurs ont une odeur à tomber. Manifestement, je ne suis d’ailleurs pas la seule à apprécier ^_^
J’ai donc la preuve qu’on peut faire de très belles plates bandes, même en hiver. Si seulement j’arrivais à maintenir mes plantes en vie, je me verrais bien en Capability :)

Nous continuons notre chemin vers l’arrière de la ruine pour tomber sur des buissons de bruyère, agrémentés ça et là d’arbres exotiques.
Bon, forcément, pour la glycine, on repassera…
L’arrière de la ruine surplombe les bois de la propriété, vers lesquels nous finissons par nous diriger.
Après avoir passé la barrière, nous nous enfonçons dans les bois sur un chemin de sciure (comme si nos chaussures n’étaient pas déjà mortes après Petworth) sur l’itinéraire intermédiaire (1h de marche rapide) et boueux. Nous croisons heureusement un charmant (oui, ils sont tous charmants) monsieur qui nous rassure sur l’état du chemin à venir : it is a lovely walk !
On peut croiser sur notre route quelques souches sculptées qui donnent un côté « Forêt Japonaise » à la promenade.
Après avoir fait un virage près des étangs, nous remontons pour finir notre boucle et recroisons notre informateur. Comme nous sommes en Angleterre, nous nous arrêtons pour un brin de causette.
Oui, c’était une très jolie promenade. D’où est-ce qu’on vient ? de Bretagne, enfin, non, du Nord maintenant. Comment se prononce le nom du domaine ? etc etc.

Il nous explique qu’avant, les terres étaient des aciéries et une région particulièrement ouvrière, et qu’il n’y avait pas les bois dans lesquels nous nous trouvons. La reine Elizabeth avait apparemment refusé de se rendre dans la région parce qu’il y avait trop d’usines, et les lacs que nous avons laissés derrière nous servaient en fait à refroidir l’acier.
Encore une information supplémentaire que nous ne connaissions pas, et c’est tellement plus sympa de l’apprendre de la bouche d’un autochtone ^_^
Après l’arrêt obligatoire au salon de thé du domaine, nous repartons en direction de Sheffield Gardens, un peu à l’Est.

Encore un jardin de Capability Brown. Je vais vous faire une confidence : je fais la collection… et comme le manuel que nous avons acheté à Petworth nous donne l’emplacement et la description de ses plus beaux jardins, on ne va pas se gêner !


Sheffield est également un jardin plutôt botanique, assez loin des parcs de Petworth, Croome ou Berrington qui font plus countryside. On y trouve des variétés exotiques d’arbres et de plantes, réparties autour de quatre lacs, dont deux principaux, desquels on peut voir la propriété (hors National Trust, donc non visitable. Elle est privée et des appartements individuels y ont été aménagés… Methinks les habitants sont des veinards!).

La bonne nouvelle, c’est que le ciel commence à se dégager, la preuve en image. Nous avons donc la chance d’avoir 5 microsecondes de soleil sur le lac principal avant de continuer notre promenade au gré des éclaircies plus ou moins franches.
Malgré un style plus artificiel, on retrouve les grandes tendances de Sir Lancelot : de grandes étendues d’eau qui reflètent les arbres, un point de vue sur la maison depuis une grande partie du parc, des bernaches du Canada et des tripotées de canards qui se partagent les étendues d’eau…

Pas d’urnes en pierre cette fois ci mais des ponts en pierre brute, ou en bois (ceux là ne sont, à mon avis, pas d’époque). Windsor ira risquer son intégrité de peluche au dessus des eaux bouillonnantes pour prendre la pose.
Nous croisons des arbres connus et d’autres un peu moins (qui pourra me dire ce qu’est ce truc rampant ?) Nous passons notamment à côté d’un arbre gigantesque (Séquoïa ?) qui donne le vertige à Windsor.

Au fond du parc, il y a un vieux terrain de criquet aménagé spécialement pour l’ancien propriétaire qui aimait beaucoup ce jeu. Il a été redécouvert et réhabilité il y a peu et offre un beau point de vue sur les lacs principaux et la maison.
National Trust organise des évènements ponctuels dans le parc qui servent à lever des fonds pour sa conservation. Ils organisent notamment des marches hivernales (hannnn, sous la neige, ça doit être beauuuu) et… une chasse à l’œuf pour Pâques. Avis aux amateurs !
Nous avons également appris, lors de notre dernière visite du séjour (c’est malin) qu’il existe des pass spécial touristes pour visiter autant de monuments NT que l’on veut sur une période limitée pour un prix inférieur à l’inscription à l’année. Pour 23£ par adulte, on bénéficie de 7 jours de visites, ce qui aurait finalement peut-être coûté moins cher (ou nous aurait permis de visiter plus de choses que prévu…)

Nous repartons finalement en direction d’Eastbourne et faisons escale à Alfriston, un village mignonnet planqué à quelque miles à l’Ouest…
Malheureusement, comme on dit, « à l’Ouest, rien de nouveau »… le village se déploie sur… une rue (qui est aussi la route). Le parking est ultra cher (3£ minimum) et le tour des points intéressants est fait en 15 minutes à peine… Petite déception donc pour ce village qui réserve quand même quelques perles à mon appareil photo, notamment des maisons assez mignonnes et des bois sculptés et peints qui ornent les pubs de la rue principale.
Petite mention spéciale à la porte d’une bouquinerie discrète à côté de ye Olde Smugglers Inne dont la porte est ornée d’une superbe boîte aux lettres.

Nous passons à l’épicerie du coin, regardons les petites annonces pour rire et repartons vers la voiture.
C’est le dernier soir que nous passons à Brighton et je n’ai pas encore eu l’occasion de prendre des photos du Pier à la tombée de la nuit. Dès l’allumage de la guirlande, nous descendons donc nous geler les fesses sur la plage pendant que je teste tous les réglages de mon appareil pour repartir avec des photos décentes.
Je note au passage que la plage est littéralement jonchée de coquilles d’huitres polies par la mer et les galets… Il faudra que je mène une enquête…

D’autre part, on ne peut pas aller en Angleterre sans manger un fish and chips. Comme nous voulons aussi l’ambiance, descente au pub pour manger un bon plat traditionnel (nous éviterons cette fois les hamburgers maison…).
Sans le regretter... Yum!
Jour 3: Petworth et shopping
Après deux jours de temps magnifique, il fallait bien un peu de grisaille. La dame de la météo sur BBC annonce donc un temps Mild and Cloudy ; comprenez "vous n’aurez pas froid mais vous pouvez toujours courir pour voir le soleil" Effectivement…
Tout en gardant secrètement l’espoir que le temps se lèvera comme ces deux derniers jours, nous prenons notre traditionnel Fry up avant de prendre la route en direction de Petworth House, encore un parc de notre cher Lancelot Brown que j’espérais voir sous le soleil… mais, après tout, l’ambiance automnale a son charme aussi.
Nous arrivons en fin de matinée pour visiter le parc. La maison est fermée à cette époque de l’année (quelle idée de partir en vacances en hiver, franchement…) mais le parc est ouvert from dawn till dusk et c’est bien du parc dont nous comptons profiter. Petit regret tout de même d’apprendre que 19 huiles sur toile de Turner décorent l’intérieur du manoir… mais on ne peut pas tout avoir.

Au vu des groupes scolaires qui courent en hurlant sur la pelouse, Petworth est une destination hautement culturelle et pédagogique.
Hormis la bâtisse, on y retrouve bien sûr l’immense parc à la Capability: une longue étendue d’herbe qui descend en pente douce jusqu’au lac (artificiel). Le tout est surplombé d’une colline (artificielle) plantée d’arbres (authentiques) où les jeunes victoriennes pouvaient venir se reposer à l’ombre tout en admirant la vue.

Nous sommes passés par la colline où Windsor a trouvé un jeu très à son goût (nous avons personnellement évité de nous suspendre à la balançoire plus que fragile, bien que l’idée fût tentante.
Nous sommes ensuite descendus pour faire le tour du lac en nous arrêtant régulièrement pour admirer ce que les anglais appelleraient a fine prospect (à vos dicos !)
J’ai pu remarquer des empreintes d’animaux sur le chemin boueux qui suivait les berges du lac et mes réflexes "copain des bois" ont aussitôt fusionné avec ma culture "image doc" pour me faire déduire, élémentaire mon cher Watson, qu’il y avait des daims ou des chevreuils dans le coin. Rien d’étonnant d’ailleurs puisque les animaux sauvages sont bien plus nombreux en Angleterre proportionnellement à la France.
Mon hypothèse s’est d’ailleurs vite confirmée quand nous avons aperçu un motif noir et blanc flottant au dessus des fougères…

Eliminant rapidement l’hypothèse d’un pingouin sous ce climat mild and cloudy, j’ai alors reconnu les… fesses d’un daim qui nous tournait royalement le dos, la tête dans les ronces, occupé à prendre son lunch.
Et bien sûr, comme les photos prises par dessus la grille qui entourait le deuxième chemin touristique ne me convenaient pas, je suis allée risquer ma vie (ou plutôt mes chaussures) dans la boue pour rapporter un cliché qui n’a rien à envier aux photographes animaliers.

Monsieur Daim s’est finalement éloigné de quelques mètres pour finir son lunch peinard. Sa digestion a vite été interrompue par un couple moins respectueux que nous qui venait au parc pour promener leurs chiens… sans un seul regard pour le panneau représentant une laisse bien sûr.
Nous avons donc pris un chemin différent pour retourner en direction du manoir sans malencontreusement filer un coup de pied aux clebs. Ça aurait été dommage, and not that polite…
Nous avons finalement rejoint le côté droit du bâtiment en esquivant un groupe piaillant d’élèves et nous sommes dirigés vers les traditionnelles tea rooms, histoire de boire chaud et de manger sucré ^_^
Après avoir dépassé le traumatisme d’entrer dans une tea room aux murs tapissés de bois de daims, nous avons commandé une théière et une énorme part de cheesecake au citron pour me redonner du courage (oui, enfin bon, c’était surtout un prétexte).

Nous nous sommes confortablement assis dans des fauteuils en cuir avec un guide de Capability Brown sur les genoux, avant de nous faire aborder par un charmant photographe.
Can I be extremely rude and interrupt you? Oui, oui, bien sûr... un problème? Non, pas du tout, il voulait juste illustrer le journal du manoir avec une photo de clients du café…
En regardant autour de nous, nous avons effectivement vu que nous étions… les seuls. Avec une part de cheesecake et un magazine spécial Capability, nous étions donc les modèles parfaits et avons obligeamment pris la pose le temps de trois photos (essayez de faire durer un cheesecake aussi longtemps vous…)
S’en est bien sûr suivie une conversation avec l’autochtone qui nous a demandé si nous avions vu the bathing house dans le clump of trees derrière le lac.
Nous avons alors levé les sourcils, puis les avons froncés pour nous souvenir que le bosquet en question avait été visité par le-couple-aux-chiens et que nous l’avions donc soigneusement évité.
Il se trouve qu’il abritait une des curiosités du parc: des bassins thérapeutiques pour victoriens empâtés. Le principe était d’éviter le surpoids pour les hommes (les femmes portaient déjà des corsets pour les formes disgracieuses) en se plongeant d’un coup dans un bassin (artificiel) rempli en continu par une source, d’en sortir et de faire le tour des bassins dix fois en courant… à répéter autant de fois que nécessaire.
Je me demande si je n’aurais pas préféré le corset tout compte fait.
Nous sommes donc passés par la cour intérieure pour rejoindre les jardins d’agréments protégés par le Ha-ha (non, ne riez pas, c’est vraiment le nom donné à ce muret qui surélevait les pelouses devant la maison pour éviter aux daims de venir brouter les parterres de fleurs) et sommes repartis vers le lac pour voir cette rareté…

C’est effectivement à voir, même si j’ose espérer que l’eau était plus propre à l’époque…
Pour cause de boutiques fermant à 17h30 en semaine (16h sur le Pier, nous ne pourrons pas acheter ce ma-gn-fi-que mug à l’effigie de William et Kate…) nous avons décidé de revenir sur Eastbourne pour faire les boutiques, passage obligé à chaque séjour en Angleterre.

Quitte à avoir du mild and cloudy, autant le passer à l’intérieur de Waterstones (aaaaaah Waterstones…)
Le syndrome prof revient au grand galop et je me retrouve à acheter à tour de bras (vive le salariat !) devant mon homme mortifié qui, me voyant retirer 80£ me dit, effaré : "Tu comptes dépenser tout ça ?"
Euh alors… la série des Sherlock + des jeux de société en anglais + des magazines + tout DVD des classiques BBC qui me tombera sous la main…..
Oui… j’ai même pas eu assez en fait ^_^ ;;
Et j’ai pas trouvé tout ce que je cherchais. Dammit!
Le soir, arrêt au pub pour manger. L’occasion de se rappeler pourquoi je n’aime pas les steaks hachés en Angleterre… Je pense de plus en plus qu’ils mixent des abats avec le muscle… ça a du retour comme on dit. Yuck !
Jour 2: Beachy Head, the Seven sisters et Brighton
Quand on part en vacances en Angleterre, ce sont de vraies vacances : le décalage horaire permet de se lever à des heures indécentes (oui, je maintiens que 6h est une heure indécente pour se lever un jour de vacances !) sans être fatigué le moins du monde. Quand, en plus, le lever de soleil est offert, alors là…
Nous avions prévu de nous lever plus tard mais finalement, nous sommes allés prendre notre petit-déjeuner dès que possible. Le petit déjeuner est à volonté, ce qui veut dire que nous nous passerons du repas du midi, mais que nous nous vengeons le matin et le soir.
Au menu donc : fry up, tea and toasts, jus d’orange et coco pops (burp !) nous voilà parés pour une journée sportive.
Dès 8h, nous voilà partis sur la route qui longe la côte.
Si Eastbourne est au niveau de la mer, elle est entourée de collines
et de falaises, et les vues magnifiques nous incitent bientôt à nous arrêter pour une courte exploration au milieu de nulle part, ou presque (suivez mon regard…).
C’est à ce moment que la batterie de mon appareil photo commence à montrer des
signes de faiblesse. Heureusement, la batterie du réflexe a chargé pendant la nuit et mon homme prend le relai.
Nous faisons ensuite escale à Beachy Head, à ne pas manquer quand vous allez à Eastbourne. Vous garez la voiture sur le parking honni, et vous trouvez face à des panneaux « cliff edge ». Effectivement, ce que vous prenez d’abord pour un simple talus s’avère être une falaise à pic.
Mieux vaut regarder où on met les pieds, mais la vue vaut le vertige ^_^ 
Avec du soleil, c’est encore mieux !
Tout ça c’est bien joli, mais le programme est chargé ! Nous repartons pour le gros morceau de la matinée : le parc des Seven Sisters. Impossible d’y aller en voiture, et tant mieux ! la route serpente en montant et redescend d’un coup, nous offrant une vue magnifique sur le parc naturel.
On dirait que c’est aussi la promenade dominicale par excellence : toutes les familles sont de sortie, tricycles et poussettes compris. Heureusement que nous sommes partis tôt, ce qui nous a évité le gros de la foule.
Malgré tout, en bons touristes qui se respectent, nous devons
nous arrêter régulièrement pour prendre des photos et nous sommes vite rattrapés, ce qui nous oblige à un changement de stratégie. Les tricycles et autres joyeusetés à roulettes sont cantonnés à la piste de ciment aménagée sur les côtés du parc, nous non. Nous empruntons un chemin boueux et calme en plein milieu du canal. Nos chaussures s’en souviendront.
Nous arrivons finalement sur la plage et pouvons admirer le spectacle des
sept falaises calcaires dans les rayons du soleil matinal (dont nous profitons aussi). C’est bien sûr à ce moment que mon appareil décide de me lâcher définitivement et que va commencer la série des « là, je veux ! » que Monsieur a entendu toute la journée dès qu’un paysage me plaisait, c'est-à-dire assez souvent.
Après une pause sur la plage, nous décidons de rebrousser chemin et de
rester sur notre sentier boueux jusqu’au bout, pensant qu’il nous ramènerait à l’autre extrémité du parking.
Nous nous retrouvons donc dans… une pâture à moutons, comme il en existe beaucoup au Royaume Uni.
Allez savoir si ma permanente leur a plu, toujours est-il qu’une partie des moutons a décidé de marcher devant nous, et l’autre derrière… tous sur le sentier, bien sûr, et tous en file indienne… tu parles d’un pratique…
Le sentier en question ne nous ayant pas ramené à destination, nous avons finalement longé la route jusqu’au parking où nous avons décrotté nos chaussures du mieux possible (peu) et avec les moyens du bord (une brindille).
Nous nous sommes finalement dirigés vers Brighton, dans le but de trouver un pub qui retransmette le match Ecosse-France.
Le parking de Brighton a battu à plate couture les Pay and Display Car Parks : 9£50 pour 4h de stationnement. Et on pouvait aller plus loin ! Il avait quand même l’avantage d’être central, à 2 min du Pavillion et des Lanes.
Autre avantage, un pub très sympa appelé The Greene Room diffuse le match juste à la sortie du parking. C’est l’occasion de voir combien de personnes présentes supportent les Frenchies. La réponse est rapide, nous somme 3 au total. Mais comme peu d’écossais sont dans le bar, nous pouvons hurler à chaque essai sans craindre de représailles.
Nous avons fêté la victoire de la France au pub puis nous avons marché énergiquement jusqu’au Royal Pavillion, un bâtiment de style « Gothique Indien » selon le guide (ahem…)
qui a été construit en plusieurs phases pour le Prince de Galles qui deviendra plus tard Georges IV.
Sur les photos, on s’attend quasiment à un Taj Mahal, avec coupole et colonnes de marbre ouvragées …
C’est en fait une version playmobil des palais indiens qui nous attend, tout en stuc, dans les rayons du soleil couchant.
Le style du Pavillion dénote dans la station balnéaire et
nocturne qu’est Brighton. C’est en même temps une preuve de plus que la ville est tout à fait cosmopolite. On y retrouve de vieilles ruelles, un marché au puces, des clubs, des bars, des musées, une fête foraine…
Elle vaudra bien une deuxième visite.
Jour 1 : Rye, Hastings et découverte de notre point d’attache : Eastbourne.
Comment ça pas de mises à jour depuis 2 ans ? Eh oui, mais un carnet de voyage ne se remplit qu’en voyage… et comme chacun sait, les profs sont toujours en vacances…
Au bout de deux ans, nous avons donc finalement décidé, mon thésard de mari et moi, de mettre nos copies, dossiers, cours et surligneurs entre parenthèse et de nous prendre 5 jours (entiers !) de vacances rien que pour nous (non mais…).
Adoptés depuis peu par le pays Ch’ti, il a d’abord fallu construire de nouvelles habitudes. Exit Brittany Ferries et bonjour P&O.
Exit Roscoff, bonjour Calais… See you,Plymouth, hello! Dover et surtout: exit les 8h de traversée, l’Angleterre est à 1h30 de chez nous, autant dire à portée de main. Même pas le temps de digérer le cappucino acheté à bord que les falaises apparaissent…
Comme on ne change pas une équipe qui gagne, Windsor fait bien sûr partie du voyage.
Et c’est parti pour la première destination : Rye, une petite ville côtière qui "vaut le déplacement" selon notre guide touristique.
Sur mes conseils, le conducteur prend la route côtière, parce que "ça sera plus joli" …
moui, il planne un parfum de Sangatte à Folkestone. On se rappelle de « Welcome » et on comprend mieux…
Première halte sur l’heure de midi à Rye donc. L’occasion de retrouver nos chers (très chers !) Pay and Display car parks…
Nous passons au Tourist Information Center (et aux toilettes ! véritable institution dans le pays) et nous voilà partis à grimper en direction du Château
Rye fait partie de ce qu'on appelle les "Cinque ports" (prononcer Sink ports); une fédération militaire de villes côtières qui jouissaient de certains privilèges en échange d'une contribution à la fédération. Elles sont en fait au nombre de huit. Rye a été ajoutée après les cinq villes d'origines.
La vieille ville se situe sur la colline, autour du château, et il faut emprunter Mermaid Street pour accéder aux plus vieilles maisons.
Mermaid Street est une ancienne rue bordée de maisons à Colombages (noires et blanches, comme souvent.) Elle a la particularité d’être pavée de galets ronds, et bien sûr, ceux-ci sont enterrés sur la tranche. Autant dire que même en doc's, les pieds morflent… talons à éviter.

Elle mène à Mermaid Inn, une auberge réputée pour avoir été le repère de cruels brigands… Maintenant on y trouve le Britannique moyen devant une pinte de bière…
On peut également voir de curieuses maisons qui bordent la rue,
comme celle qui fait face à l’auberge, baptisée fort à propos "the house opposite" ou la non moins bien nommée "the house with two front doors".
L’intérêt principal pour moi se situe surtout dans le fait que Henry James a vécu à Rye. La maison qu’il a occupée n’étant malheureusement pas ouverte en cette période de l’année, il faudra nous contenter d’un bout de toit visible au dessus du mur du jardin.
Nous passons finalement par un petit cimetière typique (comment ça encore un ?) pour déboucher sur le château (comment ça encore un ?) que nous ne visiterons pas (parce que ça commence à bien faire, et qu’il est déjà très joli de l’extérieur).
Nous préférons aller nous promener dans les ruelles de la ville et en
profiter pour acheter quelques curiosités.
Au passage, pardon au charmant monsieur qui me disait "morning" au moment où je prenais la photo et qui ne faisait que promener son chien... mais je trouve la photo magnifique :)
Après avoir mangé nos sandwiches sur place (il restait 20 minutes à l’horodateur…) nous voilà repartis vers Eastbourne, notre destination. Mais avant d’y arriver, un passage obligé par Hastings s’impose.
Mes profs de fac ont réussi à tellement me traumatiser avec Guillaume le Conquérant (William the conqueror in English) que "1066-Hasting-défaite-du-roi-Harold" est la seule chose que j’aie retenue de mes cours de civi… il fallait donc que je voie la ville de mes propres yeux…
Arrivée sur le front de mer (Seafront) et voiture laissée en bord de mer
pour aller visiter la ville. Comme en plus les parcmètres sont chers, nous avons une heure… juste le temps de monter vers la colline en passant par des escaliers étroits qui grimpent et serpentent entre les maisons (sûrement l’intérêt principal de la ville d’ailleurs).
Arrivés en haut, nous nous (re-)instruisons sur le passé de la ville et Windsor, qui se voit déjà sur le trône après Elizabeth, s’imagine aussitôt en "Windsor the Conqueror" , dominant la ville de sa haute stature, l’œil brillant, la cravate flottant au vent, jusqu’à ce que les éclats de rire d’un vieux couple qui faisait sa promenade digestive ne le forcent, mortifié, à retourner dans mon sac.
Le temps de faire 123soleil aux ruines qui dominent la ville, nous
redescendons par d’autres escaliers pour arriver à temps au parking et reprendre la route en direction d’Eastbourne. Nous passons devant le Pier calciné qui a brûlé l’an dernier…
Nous arrivons au Travelodge vers 15h. Pour une surprise, c’est une
bonne surprise ! L’hôtel est juste sur Grand Parade (l’avenue qui borde le front de mer) et à moins de 50m d’un très joli Pier (et ce, quel que soit le temps). Le temps de passer à la réception et une autre surprise nous attend : notre chambre donne sur la mer, plein Est. La baignoire qui trône dans la salle de bain ne fait que confirmer que ces vacances seront enfin des vraies vacances !
Pour ne rien gâcher, les 2h de stationnement devant
l’hôtel coûtent 20p. et en plus, il fait beau ! Nous profitons des derniers rayons de soleil sur le pier avant d’aller dans le pub à gauche de l’hôtel pour suivre le match Galles-Angleterre.
Quoi de mieux que voir un match de rugby en Angleterre ? que les Anglais perdent (pour une fois).
Nous finissons par rentrer à l’hôtel et nous prenons un repas sur place d'où nous voyons la guirlande qui borde la promenade s'allumer pour les flâneurs tardifs.
Petit update intéractif.
Voilà, parce que je suis dans ma période geek en ce moment (et elle risque de durer longtemps).
Du coup, j'ai décidé de remettre un coup de peinture fraiche sur le blog. Comment donc? Facile: Google maps ayant enfin des photos potables de l'Angleterre dans ses recoins les plus paumés, j'ai décidé, pour chaque ville / endroit visités de leur attribuer un lien Google Maps (non, je fais pas de pub! mais faut avouer que le tourisme virtuel ça peut être rigolo aussi)
Tout ça va se faire au fur et à mesure, en commençant par la fin (qui ne restera pas la fin bien longtemps mais chuuuut)
Dès que vous voyez une partie de texte soulignée dans un des anciens messages, et si cette partie désigne un lieu, il y a fort à parier que je suis allée me refaire une petite balade internet et que j'ai trouvé la vue qui m'intéressait. Y'a plus qu'à cliquer pour vous balader dans la campagne et les villes anglaises (et galloises)
Enjoy!
J5: Croome Landscape Park
Oui, je sais, je crois que je viens d'exploser le record de la note qui se fait le plus attendre sur un Blog. Que voulez-vous... quand on travaille...
J'en viens à me demander comment je trouvais le temps de tenir le blog à jour l'année dernière
***
flashback
pas de voiture + une vie sociale réduite + un emploi du temps d'assistante + la nuit qui tombe à 16h en hiver + une petite ville
***
ah oui, c'est vrai... malgré tout, ça dégageait plus de temps libre que maintenant.
Enfin bon, tout est bien qui finit bien puisque cette année de forcenée a finalement payé et que je me retrouve fraîchement Agrégée en Anglais, ce qui, par conséquent, me libère un peu de temps pour finir le compte rendu de notre épopée de Pâques.
Nous en étions donc au 5ème et dernier jour de vacances dans le Herefordshire, et nous avions décidé de revoir nos ambitions routières à la baisse et de ne pousser qu'à quelque kilomètres de Ross-on-Wye pour nous rendre à Croome Landscape Park.
Ce choix a été dicté uniquement par le hasard puisque la veille, je recherchais des sites dessinés par notre cher L."C". Brown et que je suis tombée, entre deux photos, sur la mention de son parc le plus abouti qui, Ô merveille, n'était pas loin du tout de chez nos hôtes.
Croome est en fait le premier projet de
Capability Brown à avoir abouti, ce qui en fait une référence dans le monde du paysagisme anglais. Malheureusement, le domaine a été utilisé au cours de la seconde guerre mondiale comme base d'atterrissage et les bassins ainsi que la rivière se sont lentement bouchés.

Croome Court était la propriété du Comte de Coventry, sixième du nom, qui demanda à Brown de plancher sur les jardins du parc. Brown s'est alors attelé à une tâche gigantesque qui devait aboutir à son travail de
référence. Il a notamment détruit une église (qu'il a reconstruite plus haut) ainsi que "déplacé" (rasé) tout un village qui se trouvait sur la propriété. Il a également dessiné la "promenade", ce parcours que les jeunes victoriennes appréciaient tout particulièrement au bord de l'eau. Il a donc fallu trouver l'eau et creuser des bassins et même une rivière. Rappelez-vous que Brown était partisan de jardins "naturels" dont la beauté ne devait rien à la nature, et qu'il pouvait totalement transformer un paysage, créant de nouvelles collines ou des lacs artificiels par exemple.

en 1963, l'autoroute M5 a été construite, coupant une partie des 271 hectares du parc.
Finalement, en 1996, National Trust a racheté le domaine et a entrepris de le rénover afin de l'ouvrir au public.
Ceci explique sans doute que ce que nous avons pu voir est loin de ressembler au parc de Berrington Hall.
Croome Park s'étend sur des centaines d'hectares et Brown avait prévu plusieurs parties distinctes dans son plan des jardins.

Nous sommes donc arrivés en premier lieu en haut d'une butte surplombant le parc
(immense), juste à côté de la fameuse petite église (qui, en passant, contient des statues magnifiques).
Contrairement à Berrington qui est, pardonnez-moi l'expression, relativement paumé, Croome Park semble être la destination tacite de tous les anglais pour la promenade de l'après-midi. On y voit donc des familles poussant laborieusement leur poussette le
long de l'étang ou sur la côte qui mène à la sortie.
Nous avons débuté notre visite en passant par le "sous-bois", où plutôt ce qui est destiné à l'être, puisque les anciens arbres ont été rasés lors de la seconde guerre mondiale, et que ceux qui ont été replantés sont loin d'avoir atteint leur taille adulte. Les espèces de plantes ont été choisies à cause de leur odeur, ce qui permet à ce petit bout de terre de s'approprier le nom de "exotic shrubbery".
hmmm... peut-être dans quelques années.

Le chemin nous mène aux serres, qui ressemblent étonnamment à des temples romains.
On trouve autour quelques statues (un druide, un faune, une urne) qui donnent un côté bourgeois au parc (bien loin des crottes de moutons de Berrington).
Nous arrivons enfin au lac qui, à mon avis, reste l'endroit reflétant le plus fidèlement l'esprit Brownesque du lieu. On retrouve l'étendue d'eau indispensable dans laquelle se reflètent des arbres des toutes sortes, et au milieu de laquelle se dresse une petite ile.

C'est ce qu'on appelle typiquement un "Lake Landscape", et on y arrive en passant sous un petit pont de pierre, autrefois incrusté de coquillage. Sur les bords du lac, on trouve le "grotto", une grotte artificielle qui elle aussi était autrefois incrustée de coquillages et de pierres semi-précieuses. On se promène en passant par des passerelles qui mènent d'une île à l'autre avant de nous ramener vers la rivière.

Il faut se rappeler que toutes les pièces d'eau sont artificielles. ce qui implique que ce n'est
pas la "rivière" qui remplit le lac. Cette rivière est une réplique "miniature" de la rivière Severn, à la courbe près. Elle s'arrête au bout du parc; pas de source, pas de courant. le fond des bassins est recouvert d'argile pour les rendre étanches. Mais alors comment se remplissent-ils?

Le parc est en fait truffé de galeries enfouies et tapissées de briques
dont le but est d'amener l'eau de pluie jusqu'au lac et à la rivière. Le plus dur est simplement de le garder à l'esprit quand on se promène au bord de l'eau; et cet oubli est de toute façon le but recherché de Brown.
Après le lac, nous avons décidé de marcher un peu le long de la rivière pour nous éloigner de la foule. Il s'agit en fait d'une partie du parc qui a été moins aménagée que le reste, et qui est donc moins accessible aux poussettes. Peu de gens viennent à Croome pour avoir un peu de calme, et le parc ressemble finalement à un immense jardin familial. C'est pourquoi il faut longer la rivière pour profiter d'une relative solitude.

Nous avons ainsi pu apprécier le Hall sous tous ses angles, avant de revenir en visiter l'intérieur.
Petite déception à ce moment-là: l'ouverture au public a poussé National Trust à "rénover" l'intérieur des pièces à grand coup de peinture et d'attractions pédagogiques plus ou moins réussies.

Autre petit regret, les travaux qui entouraient le bâtiment de barrières rouges et de
bâches en plastique, ce qui nous a obligé à prendre nos photos selon des angles choisis (la plupart du temps avec un arbre devant les bâtiments pour cacher ces horreurs).

Nous avons quand même passé un excellent moment et une très bonne journée (nuageuse, certes, mais aux températures estivales) avant de rentrer sur Ross et de faire nos bagages pour la journée du retour, le lendemain.
J'avais prévu de faire une autre note sur notre journée à Plymouth
puisque nous comptions aller garer la voiture sur le parking de Brittany Ferries en attendant l'embarquement à 22h, ce qui m'aurait enfin permis de profiter de la ville après avoir été continuellement frustrée par le poids de mon sac qui m'interdisait toute visite l'année dernière. Eh bien non, le stationnement sur le parking est, lui aussi, payant au delà de deux heures. Nous avons donc visité le marché intérieur au pas de course et les quelques boutiques ouvertes (dimanche oblige, même si les anglais sont plus souples en ce qui concerne le repos dominical) avant de repartir vers le terminal, nos achats sous le bras.
Notre après-midi shopping à Plymouth s'est donc résumée à 1-2-3 Soleil en ville avant de revenir poireauter dans la voiture de 16h à 22h (eh oui, on était arrivés tôt pour pouvoir profiter de quelques heures en ville, qu'on aura finalement passées à lire sur un matelas de camping dans le coffre du Kangoo...).
Notre petite consolation a été d'être affectés dans un salon privé (ou en tout cas désert) pour notre nuit de retour sur le Ferry, ce qui m'a permis de dormir quelques heures avant d'arriver fraîche comme une rose (ou presque) en cours le lendemain matin.
Jour 4: Pembrokeshire Coast
Tout d'abord désolée pour le délai de cette note, boulot oblige, j'ai moins de temps pour poster sur le blog. Mais comme dit l'autre: "vieux motard que j'aimais" alors let's go, on the road again.
et en parlant de route, c'est principalement ce qu'on a vu pour ce quatrième jour de vacances puisque notre destination se situait sur la côte ouest de Pays de Galles, plus particulièrement à St David's, une petite ville qui porte le nom du saint patron des Gallois dans le Pembrokeshire. Il a donc fallu se lever tôt, partir de la maison à 7h du matin pour espérer avoir un peu de temps pour visiter (et on a bien fait puisqu'on est arrivés vers 13h).
Nous sommes donc passés à l'aller par le parc naturel des
Brecon Beacons (pas de photos de moi puisqu'en voiture ça rend pas terrible donc je vais en choisir quelques-unes sur le net) et ses jolies petites routes ombragées (et pleines de virages). 
C'est très joli, mais bien sûr ça prend du temps et on ne pouvait pas s'arrêter si on voulait arriver à destination, visiter et rentrer à une heure décente chez nos hôtes (compter quand même trois bonnes heures de route pour le retour par l'autoroute.)
Nous sommes arrivés vers midi dans une petite ville galloise du nom de Haverfordwest, construite sur une petite rivière avec un vieux centre ville et un marché couvert qui
surplombe le cours d'eau. Cette étape nous a servi à acheter les indispensables cartes postales (et là j'ai béni mon syndrome écureuil qui m'a fait conserver pendant un an des timbres anglais dans mon portefeuille) mais aussi à trouver un Lidl pour nous ravitailler. Le ravitaillement en question, finances obligent, s'est donc composé d'une boîte de baked beans (à faire chauffer à même le réchaud de camping), de saucisses à hot-dog, de cheddar, d'oeufs (à faire cuire dans la boite de conserve de baked beans une fois ceux-ci mangés) et de pain de mie Kingsmill (great everyday) pour entourer le fromage et les saucisses...
Le plus dur a finalement été de trouver un coin tranquille en bordure de route pour faire cuire ce festin (puisque les gallois, comme les anglais, sont férus de tout ce qui ressemble à un talus, une haie etc. pour border la route et qu'il est donc très difficile de trouver un endroit pour s'arrêter.)
Une fois notre repas englouti, nous nous sommes dirigés vers St David's, par la route côtière, ce qui nous a fait longer les falaises galloises de Newgale (pas aussi hautes que les falaises Cornouaillaises, et qui ressemblent pas mal à ce qu'on peut avoir à
Crozon mais... en payant (encore) puisque le parking de la plage est estampillé "pay and display", ce qui fait que là aussi nous avons décidé de prendre deux/ trois photos avant de repartir en direction de la pointe.
En passant, si jamais vous avez l'occasion d'aller à Solva, juste avant St David's, n'hésitez pas, c'est mignon comme tout.
Nous sommes finalement arrivés à St David's, très jolie ville côtière avec de toutes petites rues dans lesquelles nous avons un peu tourné avant de déboucher d'un coup sur la cathédrale et les ruines du Bishop's Palace. Nous sommes donc allés nous garer
au parking (payant lui aussi, mais raisonnable pour ce genre de visite) et nous sommes dirigés en premier lieu vers les vieilles pierres (enfin celles qui avaient l'air le plus mal en point puisque le palais épiscopal (du moins ce qu'il en reste) date du 14ème siècle tandis que la cathédrale, bien mieux conservée, date de l'époque médiévale.
Les ruines du Bishop's Palace sont entretenues par l'organisme Gallois "Cadw" et
l'entrée est payante mais raisonnable pour une visite qui vaut le détour. Le palais a été bâti au fur et à mesure des siècles. Les parties les plus anciennes datent de l'époque médiévale mais on doit la plupart
des additions aux évêques de Gower qui firent édifier les arcades et la rosace. Le Palais épiscopal donne une idée de la richesse de l'évéché puisque dans chaque pièce on trouve une carte d'information sur son utilisation et sur les éléments qui ont été détruits. Il y a également un exposition dans les caves qui explique la vie épiscopale et le rôle de l'évêque au pays de Galles.

Juste à côté du Bishop's Palace se dresse la plus grande cathédrale du pays (alors que St David's est la plus petite ville du Pays de Galles) particulièrement
impressionnante, surtout de l'intérieur, et surtout magnifiquement décorée. En 1124, le pape de l'époque a déclaré que deux pèlerinages à St David's valaient un pèlerinage à Rome, et que trois en valaient un à Jérusalem (privilège jusque là réservé à St Jacques de Compostelles).

Il faut bien deux heures pour visiter le tout et la visite vaut bien les trois heures de route qu'il reste à faire pour rentrer. Nou
s somme cette fois passés par la région de Merthyr Tydfil, une région minière galloise riche en fer et en houille, et qui se doit donc de présenter des maisons en rang d'oignon comme on en voit dans tous les films britanniques qui parlent de prolétariat.
Nous avions prévu, le lendemain de visiter Ironbridge, au nord, mais vu le niveau d'essence et le portefeuille qui diminuait à vue d'œil, nous avons choisi de revenir à nos premières amours et de visiter Croome Landscape Park, création achevée de Lancelot Capability Brown qui fit également les jardins de Berrington Hall (voir décembre 2008).
J3: Les Cotswolds, Stratford-upon-Avon et Warwick Castle
Après notre journée de repos, nous avions prévu 3 destinations pour notre troisième jour en Angleterre. Au menu, les Cotswolds, Stratford-upon-Avon et le château de Warwick.
Nous avons donc décollé relativement tôt de Ross-on-Wye pour prendre la route vers l'Est et arriver dans les Cotswolds vers le milieu de la matinée. Les Cotswolds sont une chaine de collines qui s'étendent de la région de Bath jusqu'à Chipping Campden et qui
abritent plein de villages plutôt mignons dont les maisons sont fabriqués avec les pierres de la région. L'année dernière, une collègue m'avait déjà conseillé d'aller y faire un tour et m'avait particulièrement recommandé le petit village de Bourton-on-the-Water, également connu sous le nom de "Venise des Cotswolds" et dont le centre ancien est construit de part et d'autre d'une petite rivière et qui a donc construit plusieurs petits ponts en pierre pour permettre aux piétons de passer d'une rive à l'autre.

Comme toujours nous avons fui le parking payant pour aller se garer dans une rue de lotissement et nous avons passé une bonne petite heure dans le centre et sur le bord de la rivière en compagnie des canards avant de repartir pour Chipping Campden, plus au nord.
Ce village, contrairement à Bourton, est assez peu fréquenté par les touristes ou même les anglais. Il reste malheureusement le problème des voitures qui sont garées partout et qui gâchent donc un peu le paysage. Le village en lui-même présente un grand nombre de petites cours intérieures très mignonnes et un grand nombre de belles chaumières si on sort un peu de la rue principale.

"Chipping" vient du vieil anglais ceping qui signifie "place de marché", et on peut donc voir
dans le village le hall du marché (des arches de pierre en fait) qui ont été construites en 1627. Les maisons sont construites en pierre des Cotswolds, ce qui donne une couleur miel (dixit le guide touristique) aux bâtiments.
Outre la rue principale, il est nécessaire de faire un détour par l'église St James qui se dresse en retrait du village et qui est entourée d'un joli cimetière et de bâtiments de style gothique dans le parc extérieur.

Après un bon repas et un thermos de thé (indispensable...) nous avons fait route vers le Nord en direction de Stratford-upon-Avon, ville de naissance et de mort du célébrissime William Shakespeare, construite sur la rivière Avon (qui coule aussi à Bath). 
Point positif: très jolie ville qui a conservé des bâtiments à colombages (timber framed houses) noires et blanches et où de nombreuses rues sont piétonnes, sans parler de la culture du théâtre qui y règne, plusieurs théâtres sont répartis dans la ville et les pièces de Shakespeare y sont régulièrement jouées.

Point négatif: Parking payant, et surtout limité... c'est à dire qu'on paye pour une heure (au moins là où on était, il y a des parkings près de Holy Trinity Church où on peut rester deux heures.) et qu'on doit courir pour visiter la ville... très frustrant donc. On s'est donc retrouvés à suivre un circuit délimité par le guide touristique pour avoir un aperçu de tout
sans vraiment pouvoir s'arrêter.
La maison natale de Shakespeare, High Street, Nash's house (la maison du mari de la petite fille de Shakespeare), Guild Chapel, Grammar School... on a quand même pu prendre quelques minutes pour voir Holy Trinity Church où le dramaturge et les membres de sa famille sont enterrés avant de repartir en passant le long de l'Avon pour voir le RSC (Royal Shakespeare Company Theatre) qui est... en travaux.
Passage devant des pubs divers et variés dont certains portent le nom
de personnages Shakespeariens (bonjour, Cordelia, on se connait bien non?), agréable petite surprise quand, en passant devant le magasin de livres WHS on le trouve illustré d'une citation de Titus Andronicus et enfin, frustration extrême de ne pas pouvoir fouiller une boutique dont la devanture paraissait prometteuse...
Passage express donc, quand le guide recommande une pause de deux jours (un seul aurait suffit, mais une heure c'est vraiment trop court). La note suit donc cette logique puisque j'ai pris plein de photos sans savoir vraiment ce que je photographiais... une vraie touriste en puissance... et c'est vraiment dommage.

Nous avons finalement poussé jusqu'à Warwick (prononcer Worrick), à quelques miles de là, pour aller visiter le château (visitable entièrement sur internet). Nous avons cette fois trouvé à nous garer
gratuitement et avons pu accéder au château rapidement pour profiter de la fin d'après-midi. Le château est lui aussi construit sur les bords de la rivière Avon et date de l'époque médiévale. Il a été vendu à Tussauds en 1978 ce qui a permis de lancer un programme de restauration du château et des jardins.
En 2005, le parc du château a accueilli la plus grande catapulte au
monde, le trébuchet, qui mesure 18 mètres et qui est actionné quotidiennement devant les spectateurs. A l'intérieur du château, on trouve plusieurs attractions à l'intention des visiteurs, les jeunes comme les moins jeunes, et des personnages de Mme Tussaud qui sont répartis dans les différentes pièces.
On peut également monter au sommet du donjon pour avoir une vue des alentours.
Les jardins du château comportent une roseraie qui a été inaugurée en présence de Lady Di et des jardins intérieurs créés par Robert Marnock (le parc extérieur a été repensé par Lancelot Brown au 18ème siècle).
Warwick passe pour être l'un des châteaux les plus hantés de Grande Bretagne.
Back to Hereford
Deuxième jour: après les péripéties de la veille, on a opté pour
une journée de repos/shopping à Hereford, histoire de voir ce qui a changé depuis mon départ... Eh ben j'ai pas été déçue... La ville reste plus ou moins la même, les boutiques qui ont fermé l'année dernière ont été remplacées par de nouvelles, y'a toujours de la place pour se garer dans mon impasse favorite près du Sainsbury's et le soleil était de la partie ce qui ne gâchait rien.
On avait fixé un rendez-vous avec deux de mes anciens élèves pour aller se boire un café après les cours, mais il se trouve que mon tuteur m'a aussi invitée entre temps à venir manger à la cantine et qu'on avait donc fixé le point de rendez-vous à 12h30 en dehors de sa salle de classe.
Arrivés face à la cathédrale, premier choc. La pelouse qui entoure le bâtiment est en travaux, ce qui fait que la majeure partie du parc est cachée derrière de magnifiques panneaux en PVC bleu roi... apparemment ils en auraient sorti des ossements. En tout cas il semble que ça fasse partie d'un programme de réfection des grandes cathédrales du pays (qui coûte bien cher au contribuable d'ailleurs...)
Comme je ne me rappelle plus du code pour entrer dans le Zimmerman Building, on poiraute sagement devant en attendant que quelqu'un sorte, ce qui arrive assez vite et nous permet de récupérer le digicode au passage...
On monte au dernier étage et je frappe à la porte du bureau des langues, personne à l'horizon à part le nouvel assistant de français (tiens, lui aussi il y passe son temps?).
vers 35 on se poste à côté de la porte ou les terminales (mes anciens premières) sont en cours de français, en faisant bien attention de ne pas se mettre face à la fenêtre pour ne pas perturber le déroulement du cours... raté.
Une de mes anciennes élèves était sortie et apparait donc dans le couloir pour revenir dans la salle. A ce moment, on peut observer plusieurs étapes sur on visage
1 - petit sourire, genre, je reconnais, je suis polie, mais je la situe absolument pas.
2 - tout se fige, elle arrête de marcher, me fixe et fronce les sourcils
3 - la bouche et les yeux s'ouvrent en grand
4 - et grand final: "OMG WHAT ARE YOU DOING HERE???"
Finir le cours dans le calme devient dès lors extrêmement compliqué, et nous sommes invités à rentrer dans la salle pour assister à la fin de l'heure qui porte sur "la grève"!
Notre réputation est tenace... mais en même temps c'est vrai qu'on la cultive...
Fin des cours puis direction la cantine, qui me manquait énormément depuis un an, histoire de bien revoir TOUS mes anciens élèves.
Puis, après un café en salle des profs (ou plutôt le salon avec sofas et lampes à pied qui sert de salle des profs) nous nous sommes finalement dirigés vers le centre ville, à priori la seule étape shopping du voyage, pour que je me procure tous les produits indispensables qu'on ne trouve pas en France, comme par exemple DE LA JELLY A L'ANANAS!!!! ou encore euh... les intégrales victoriennes de la BBC... oui j'ai honte, mais en fait pas vraiment ^_^. Le livre de glaçage pour gâteau, les recettes pour végétarien (pas végétarienne mais je dois reconnaitre que les anglais sont balèzes pour faire manger des légumes aussi bons que de la viande à n'importe qui!) et le livre de dessert (hmmm apple pie...yummy!) ont été achetés plus tard (d'où le "à priori seule étape shopping... mais on était pas encore passés par Plymouth T_T)
Rendez-vous à Starbucks à 4hOO avec les deux élèves en question (l'un d'entre eux a
bien pris 30 cm depuis mai dernier... elle est efficace leur soupe!) ou on passe une bonne heure à se donner des nouvelles du pays respectif, puis re-shopping en attendant une heure décente pour manger.
Mauvaise surprise, le Spread Eagle ne sert plus de repas le soir, et on se retrouve donc à chercher un resto/pub, qu'on finit par trouver mais qui vaut son prix (pas cher... pas cher du tout)
On finit par rentrer et on se prépare à une bonne nuit de sommeil en prévision de la grosse journée qui nous attend demain.











































































































































































