Hauteurs et basses pressions
Comme on dit dans le lake district: 'cloudy is good'... Ou encore: 'there is no bad weather, only inappropriate clothes'.
Le temps s'annonce aujourd'hui plus dans les gris que la veille, et pour les photos de lacs, c'est pas tip-top... Vu que j'ai par ailleurs été frustrée de ma randonnée Hadrienne hier, j'ai décidé de prendre un peu de hauteur, au sens littéral, et d'aller voir la région depuis les sommets.
Petite blague pour l'occasion : 'Mountains are not funny, they are hill areas!' (oui, les anglais ont un sens de l'humour qui me plait beaucoup)

Le sommet le plus proche de Keswick se trouve être Cat Bells et la promenade fait environ un mile pour un dénivelé très raisonnable. Le temps de trouver le parking désert et je pars pour une petite heure de grimpette au milieu des moutons et des pêcheurs-photographes. D'ailleurs, l'avantage d'avoir un appareil, c'est qu'on peut s'arrêter quand on veut sous prétexte de prendre une photo. L'exercice est donc plus que tranquille. En tout cas jusqu'au premier sommet qui offre une vue mignonnette sur le val et les montagnes alentour.

Le soleil est bien voilé et c'est vrai que quelques rayons auraient pu donner du contraste à l'ensemble, mais finalement je préfère randonner au gris... C'est plus facile pour se rafraîchir ensuite.
Le deuxième sommet est bien plus raide, et surtout beaucoup moins aménagé, on doit par exemple passer sur un chemin très étroit et très vertical qui me met assez mal à l'aise, surtout quand on voit ce qu'il surplombe (rien)... (Antoine, si tu me lis... )
Je réussis l'exploit de gravir le truc tant bien que mal en tenant le reflex d'une main pour éviter qu'il aille s'écraser contre la paroi dans le feu de l'action. J'arrive finalement au sommet et m'offre quelques minutes de repos avant de rebrousser chemin.
À l'endroit redouté, je tombe sur une chienne qui pleurniche et qui a l'air toute seule... J'attends une petite minute et je vois apparaître la tête d'un monsieur, suivi d'une dame qui pleurniche un peu aussi et dont je pense qu'on peut dire qu'elle est liquéfiée
de peur... Monsieur a l'air un peu agacé et la houspille pour qu'elle avance. Je rassure donc la dame sur la fin du parcours et demande au couple en parlant du chien: 'is she yours?' 'what, the dog or the lady?' (cette réplique vient bien sûr du monsieur houspilleur et un peu rougeaud.... Classy!)
Bref, le chien ayant retrouvé ses propriétaires, je décide personnellement de faire un bum slide en plein milieu des rochers pour éviter de redescendre par le mur de la mort... J'espère que la dame aura, quant à elle, trouvé une solution...

Vu mon arrivée matinale sur la montagne, j'ai eu le parcours pour moi toute seule... Les randonneurs commencent à arriver au moment où je commence ma descente. Je papote un peu avec un autre photographe et lui demande des tuyaux pour les coins à visiter mais sans grand succès... Surtout qu'une fois revenue à la voiture, il est à peine midi et que je me vois mal me cantonner au lac de Derwentwater qui est très joli mais que j'ai déjà pas mal exploré.
Je tente sans enthousiasme de trouver Lodore Falls mais le parking est encore une fois hors de prix et il n'y a évidemment nulle part où se garer (vive les haiiiiies <3) J'abandonne donc et décide de pousser jusqu'à Ambleside au sud et de faire une boucle en mode road trip dans les montagnes, en passant par les cols de Wrynose et Hard knot, et en croisant les doigts pour qu'ils me plaisent autant que Honister.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne suis pas déçue!

Déjà, la route en direction du sud est magnifique. Elle longe des hauteurs découpées à souhait, toutes ébouriffées de fougères et quadrillées de petits murets. On longe ensuite Thirlmere dont les épineux qui se reflètent dans l'eau ont un petit air de Canada. Puis on arrive sur Grasmere et Ambleside qui sont tous les deux très mimis mais un peu blindés de monde, vu l'heure... J'y retournerai plus tard. À Ambleside, une petite route tourne dans les hauteurs et va se perdre dans la nature.
Si j'étais en manque d'Islande, j'ai refait le plein... Mis à part les petits BnB et les petits cottages qui émaillent le parcours, on s'y croirait. La route qui mène au premier col est étroite et sinueuse et bordée de murets en pierres sèches (les haies, c'est pour les faibles apparemment dans ce coin là...).

Un panneau prévient d'ailleurs les conducteurs éventuels que les côtes peuvent atteindre 30% en virage et que c'est même pas la peine d'y penser en hiver. Je demande donc par acquis de conscience à une voiture venant en sens inverse avant de m'engager. La route grimpe effectivement sec jusqu'au premier col, entre fougères, moutons et herbe haute rabattue par les vents. Les photos seront rares par la force des choses, les endroits pour se garer en sécurité n'étant pas légion. Je m'offre quand même un arrêt pique nique après Wrynose, en bord de rivière, puis reprends la route jusqu'à Hard Knot derrière lequel j'ai la surprise de tomber sur les ruines plutôt bien conservées d'un fort romain au milieu d'une lande plutôt spongieuse et couverte de crottes de moutons... L'occasion de remercier mes chaussures de randonnée...

Le temps s'est finalement maintenu jusqu'au bout et les premières gouttes on juste servi à faire apparaître l'arc en ciel indispensable à un séjour photo dans les lacs... Demain,découverte plus poussée de Grasmere et d'Ambleside et surtout, hill top, le cottage de Beatrix Potter (et peut être un peu de Wordsworth si j'ai le courage)







































La première étape de la journée nous amène au British Museum. Une fois arrivés dans le hall du musée, on nous annonce que la visite est libre ce qui, dans la tête d'un prof rime peu ou prou avec "Hell Yeah! Je lâche les élèves et j'ai le musée pour moi toute seule!". Je décide du coup de lâcher AUSSI la carte du musée et de suivre mon instinct. Viendront en vrac les galeries d'Inde, d'Égypte, du Japon et des celtes... Bref, tout ce qui m'attirait l'œil et le cerveau.




Nous séparons le groupe en 4 pour la visite de la tour. Les choses ont encore une fois bien changé en 10 ans. Exit les panneaux pédagogiques en carton et bonjour les murs vidéo. Les bijoux de la couronne ont toujours l'air aussi faux, mais les exclamations admiratives d'un groupe d'ado(e)s devant tout ce qui brille me force presque a revoir mon jugement. Nous visitons la red tower et son instrument de torture (dans mes souvenirs c'était beaucoup plus drôle), puis allons observer les corbeaux, dont on dit que le jour où ils quitteront la Tour de Londres marquera la fin du royaume d'Angleterre. C'est d'ailleurs ce qui explique qu'ils aient été planqués il y a 10 ans, en pleine période de grippe aviaire...








Après deux jours un peu "tampons" nous voilà finalement de retour à Reykjavík.






J'y ai retrouvé un collègue pour une soirée pique nique /photos dans le camping et suis finalement confortablement installée pour le reste de mon séjour... Le centre ville est à 3km, et le temps est au beau fixe.
Les touristes n'étaient pas encore de sortie et j'ai pu avoir un peu la ville pour moi toute seule...








EDIT: Reykjavík by "night" puisque comme dirait l'autre: "mais y'a pas de nuit en Islande!". (enfin si, mais entre minuit et 2h... il suffit de boire un verre de plus pour rentrer avec le soleil) Histoire de revoir les garçons avant le départ de Patrick pour le Canada, je suis retournée en centre ville pour profiter de l'ambiance de la capitale en soirée. Les bars et boutiques sont ouverts tard, et le prix de la vie est cher, mais on trouve des perles qui valent de débourser un peu... C'est le cas, non pas du subway où nous avons m
angé (mais qui, pour son excuse, passe du metallica), mais du célèbre Lebowski bar and diner, lieu apparemment incontournable de la vie nocturne Reykjavíkienne.
On y retrouve un décor très US et forcément inspiré du film. Plaques vintage en métal aux murs, tableaux et citations des personnages... 
Donc tout commence comme prévu, route interminable, paysages plutôt désertiques, temps passable, venteux avec des nuages... Nous faisons une pause près d'une formation rocheuse et j'envoie les garçons faire grimpette pendant que je me repose derrière le volant. Il y a apparemment en haut du promontoire la tombe du premier viking à être arrivé en Islande... Bon.
Arrêt à Vik, blindée de touristes. Le sud est décidément plus peuplé que le nord. Nous allons garer la voiture le long de la plage de sable noir pour un petit pique nique "picturesque" au pied des falaises et face aux macareux qui flottent sur les vagues à quelques mètres.



C'était bien sûr sans compter avec la piste qui doit nous y amener et qui tient la dragée haute à celle de Dettifoss... Vous préférez quoi? Une piste en boue constellée de flaques et de nids de poules, ou une gravel road avec des pierres de la taille d'une balle de tennis qui font des bruits horribles contre les roues et le bas de caisse (non assurés) de la voiture de location?
Et là, le miracle se produit.
Fljótsdalur, ou le bonheur à l'état brut... La maison tout en bois et toit herbeux est entourée d'un jardin coquet en pleine floraison, les fleurs débordent de contenants divers et variés (théières, chaussures, pots a lait...).



Le jardin en lui même comprend un petit hangar façon hall viking avec des bancs disposés autour d'une fosse à feu où on imagine bien passer les longues soirées d'hiver ou d'été sans distinction.





Le lendemain matin se passera entre douche sous un soleil matinal et un breakfast with a view en mode hobbit entre thé et pipe, avant de repartir pour un petit break à 



Malheureusement, le temps ne s'arrange pas et la première visite de la journée se fera sous le brouillard... Pour une chute d'eau c'est ballot.


Il faut bien 3h de route pour y arriver mais le spectacle en vaut la peine. Les paysages sont bien plus dramatiques que dans les fjords de l'ouest. La route ne longe pas l'eau mais se perd dans des montagnes enneigées et coiffées de nuages.






Notre auberge est située à Reyðarfjorður, un autre petit village entre deux montagnes et le dortoir donne directement sur la baie du fjord... comme dirait l'autre: "c'est pas dégueu"...


Nous verrons le reste des fjords le matin suivant, entre recherches de mirror et de car wash... avec tout de même une bonne surprise, celle de croiser un bateau National Geographic dans un village dont j'ai oublié le nom mais qui dispose d'une jetée couverte de sculptures d'oeufs en pierre... c'est vrai que l'odeur nous manquait, il fallait bien qu'on nous la rappelle un peu.









Snaefellsnes est une péninsule battue par les vents qui alterne étendues désertiques et paysages montagneux avec des petits villages ça et là. La route fait le tour du Snaefelljökull, un sommet coiffé d'une calote glacière visible à des dizaines de kilomètres. Les distances sont d'ailleurs trompeuses et la route est particulièrement longue depuis Reykjavík pour rejoindre notre premier arrêt (compter 3 bonnes heures avant le premier arrêt). 



maisons colorées typiques, dont certaines ont un toit végétal, le tout coincé entre la mer et le glacier. La côte basaltique noire constellée de fientes d'oiseaux offre un contraste saisissant avec la couleur toujours laiteuse de la mer et le bleu plus profond des falaises en arrière plan. Nous nous promenons une bonne heure au son des cris de mouettes et repartons le long de la côte.


Grundarfjorður, petite bourgade côtière (accessoirement jumelée avec Paimpol dont les pêcheurs venaient pêcher la morue au large des côtes islandaises) où a notamment été tourné The Secret Life of Walter Mitty... Film déclencheur de mon obsession islandaise. La ville se trouve dans une baie, nichée entre des montagnes qui ont, ce soir, la tête dans les nuages... Nous tombons en plein festival mais je laisse les garçons y aller en espérant que je pourrai trouver la force d'explorer un peu demain matin... Par la fenêtre, j'ai quand-même le bonheur d'entendre des reprises de Led Zep, de Queen.. Et de Whitney Houston et Céline Dion.... Et vu les cris, je pense qu'une bonne partie de la ville y est.


Nous partons par le chemin des écoliers et conduisons deux bonnes heures dans la nature avant d'arriver à notre première destination. Comparés aux plaines lunaires de la veille, les paysages du cercle d'or sont surprenants de verdure. On croise beaucoup de petites fermes entourées de leurs troupeaux de chevaux, des pentes herbeuses dans lesquelles serpentent de nombreux cours d'eau, et même des arbres, phénomène suffisamment rare pour être relevé (les vikings ayant délicatement déboisé toute l'ile à leur arrivée... Les islandais ont beau être les meilleurs planteurs d'arbres au monde, tout ça met du temps à pousser...)





Le deuxième arrêt se trouve 4km plus loin, à Geysir, le père de tous les geysers. On trouve de nombreuses marmites d'eau thermale sur le site... Ça clapote, ça bouillonne, ça siffle, ça bat... Toujours sur fond d'œuf pourri, odeur qui se rappelle à nous à chaque douche et chaque site géothermique visité.



Le site, comme celui de la veille, est couvert d'un dépôt siliceux qui va du gris au brun-rouge et qui contraste avec le bleu turquoise ou laiteux de certains puits.


Après une pause repas, nous nous dirigeons finalement vers Þingvellir, emplacement du premier parlement européen, l'alÞing, mis en place par les vikings en 930. C'est là qu'on légiférait sur les querelles entre clans ou qu'on décidait de l'issue des accusations de sorcellerie (pas toujours heureuses)...











































Ici, pas de sections chromatiques, pas non plus la luxuriance de Dixter, mais une série de tableaux en différents plans qui changent au fur et à mesure qu'on est guidé sur le parcours autour de la ruine gothique du parc. Cette ruine qui au départ était le projet de rénovation de la femme du propriétaire en 1920 a brûlé peu de temps après et a fini par donner sa personnalité propre au jardin jusqu'à en devenir le thème principal. Du coup, se promener à Nymans c'est un peu comme se promener dans un tableau impressionniste avec des centaines de variations de vues, de couleurs et de textures autour du manoir.

































































L'attraction principale pour tout néophyte de l'Écosse n'est malheureusement pas la demeure massive dans son écrin de verdure mais bien le petit groupe de vaches des highlands à l'entrée de la propriété qui ont eu la bonne idée de faire, non pas un mais DEUX bébés dont la fluffitude fait passer tous les chatons de YouTube pour des amateurs.







Finalement, on se décide à être sérieux deux minutes et à aller visiter l'intérieur du château en pierres massives, propriété du clan Murray. On apprend donc que le tartan du clan habille aussi bien les rideaux des pièces que les jupes des vieilles guides qui racontent des anecdotes aux bus de touristes hollandais, le tout dans un accent écossais qui fait mon bonheur. Je découvre notamment que la reine Victoria passé une nuit à Scone et que, pour l'occasion, la famille (prévenue 2 ans à l'avance) a constitué une salle à manger en abattant quelques chênes du parc (pour bricoler deux-trois chaises rapidos), en important du bois américain pour la table et en commandant du cristal d'Édimbourg pour les verres. 






















































Toujours pas de grand soleil à l'horizon, mais pour les rares fois où j'ai pu en voir, je préfère quelques nuages dans le ciel pour les photos... Le soleil écrase trop les montagnes alors qu'un temps couvert donne du contraste et du relief... Donc moi ça me va.





Pour arriver à notre destination, nous passons devant la centrale géothermique de la région qui rejette elle aussi une eau comparable a celle du blue lagoon, mais bien trop chaude pour s'y baigner... Au lieu des roches noires de la péninsule de Reykjanes, l'eau contraste ici avec le rouge et ocre des hautes terres d'Islande et le soleil nous offre même quelques rayons sur le lac.
On retrouve les mares de boue couleur étain qui s'étendent sur la terre rouge. Il y a aussi des cheminées de vapeur qui sont couvertes par des tumulus et qui crachent comme des locomotives...


On retrouve aussi leur odeur "caractéristique" selon le guide, ce délicat arôme de furet incontinent et d'œuf chaud pourri... Plus jamais je mange d'omelette, ou au moins pas avant 3 mois... Le parcours a été balisé pour éviter que les touristes ne se transforment en homard vapeur lors d'un malencontreux faux pas...







































Direction les fjords!

Après une bonne heure de route entre montagnes et cascades, la route se met à monter dans une purée de pois...
D'abord carrément déçue de ce que je pense rater, je suis rapidement rassurée quand la route commence à redescendre au bout de quelques kilomètres. Le brouillard se lève et la vue se dégage jusqu'à laisser apparaître des sommets enneigés à l'horizon.
Le premier fjord apparaît en contrebas. De loin, on dirait des langues de terre brune qui s'avancent dans un océan couleur étain, opale par moments... C'est quand on suit la route au ras de l'eau qu'on se rend compte qu'elle est bordée d'un foisonnement de fleurs mauves, jaunes, bleu-vertes... Les rives toutes proches sont couvertes de galets blancs et d'algues rousses.


























































































Après 3h de vol, atterrissage en douceur en Islande, rencontre de ma partenaire de volant et début de l'aventure.










Nous continuons un peu la route le long du lac en question en nous arrêtant régulièrement pour tester la température du lac du bout des doigts et chercher le meilleur point de vue pour les photos.











































































