10 août 2021
Geyser et bikinis
Petite journée aujourd'hui, histoire d'amortir l'arrivée tardive et la pointe de jetlag qui va avec.
(<- pâtisserie au sirop de noix qui défonce sa maman)
Le réveil s'est pour ma part fait en douceur, les yeux dans le volcan (ou presque... Vu la brume qui s'était levée pendant la nuit) et j'ai évidemment foncé remplir les deux seaux d'eau brûlante pour la douche dans le jardin.
Bon, j'avoue, l'enthousiasme et l'anticipation longuement entretenue font beaucoup quand le froid, la rosée et la brume sont vos principaux compagnons de toilette.
Au moins, si je choppe une pneumonie, je saurai d'où elle vient. (Blague so 2020)
Le programme de la journée se déroulera dans le cercle d'Or avec les classiques visites de Gullfoss, Geysir et pour finir, une petite trempette dans le secret Lagoon à Flúðir.
Si vous voulez éviter les mauvaises surprises comme celle qui nous a fait rebrousser chemin sur une dizaine de kilomètres quand on est tombées sur une route bloquée en direction de Þingvellir, il peut être intéressant de consulter le site road.is qui donne en direct l'état et l'accessibilité des routes.
En ce qui nous concerne, on a finalement profité de ce petit imprévu pour aller faire la première escale au supermarché Bonus du coin et ses deux chambres froides qui vont vraiment finir par me faire attraper un chaud-froid des familles...
On fera une croix sur Þingvellir, mais au moins on aura de la pitance (et on aura eu un spectacle digne des JO d'une mise en rayon de packs de sodas, alliant passes en hauteur et Tetris à l'aveugle... Je propose une chaîne youtube dédiée uniquement à la mise en rayons de soda pour les nuits d'insomnie...
Mes digressions sont de plus en plus longues...
Ça va pas aller en s'arrangeant cette histoire...)
Et donc, après avoir fait le plein de roulés à la pizza (un must!), de Skyr et de tranches de fromages, on a fini par reprendre la route.
Gros avantage de partir à 3, et d'avoir un point fixe pour dormir, on a pu amener 9kg de bouffe et le laisser dans le panier de l'auberge. Il nous manque un peu de frais et de quoi faire les pique niques mais sinon on peut espérer manger de façon bien plus équilibrée que les sandwichs fromage-chutney d'il y a 5 ans.
Rebroussage de chemin donc et direction Gullfoss.
On a pris l'option WiFi dans la voiture et côté conduite, tout est plus intuitif aussi. Déjà je connais un peu le coin, mais c'est quand même bien pratique de se laisser guider par Waze sans avoir à scruter les panneaux en -foss / -vatn / -jökull à dix kilomètres.
Mais quand même, quand je tombe sur un panneau énorme qui m'indique Gullfoss sur la droite, je suis. Tant pis pour Waze. Et tant mieux pour nous puisque la route prise sur une pulsion s'avère finalement être d'une parfaite joliesse...
(J'ai fait des paris pour placer des mots bizarres dans le blog)
(Non je déconne... J'écris le blog entre 23h et 1h du mat' tous les soirs... Du coup je fais avec ce qui vient.)
La route, donc, zigzague entre champs et rivières avec l'énorme glacier Langjökull en ligne d'horizon. Le panorama et nos estomacs qui commencent à tirailler nous décident rapidement à arrêter la voiture au pied d'un petit promontoire, rapidement escaladé pour le premier pique nique with a view du voyage. (attention toujours à ne pas marcher sur la mousse quand vous escaladez votre spot de pique nique... le plus joli panorama du monde ne justifie pas de se transformer en beauf.)
On bronze un peu au soleil entre deux sandwiches Skyr-concombre-cheddar et on reprend la route qui se transforme finalement en piste assez exigeante sur les derniers kilomètres.
(Cours Atreyu! Cours!)
Tout ça, donc, pour arriver à Gullfoss que j'avais vue par temps gris en 2016.
Cette fois, Marcel s'est surpassé... Le thermomètre affiche 23 degrés (quelle idée de mettre 3 pulls dans la valise, dont un sur soi) et le soleil brille franchement. Résultat, Gullfoss arbore un magnifique arc en ciel qui fait le bonheur de tous les instagrammeurs (nous y compris) qui se pressent sur le chemin.
"Gullfoss" veut littéralement dire "Chutes Dorées", et l'arc-en-ciel à sa base pourrait en être la raison, à moins que ce ne soit les reflets du soleil sur les eaux bouillonnantes.
On reste une petite heure puis on repart en direction de Geysir.
J'ai le bonheur d'enfin retrouver les odeurs d'oeuf pourri et de vase qui m'avaient finalement presque manqué depuis le retour en France (même pas une petite effluve le matin à Reykjavik pour me souhaiter la bienvenue).
Les filles sont à leur tour émerveillées par les sifflements/ronflements/chuintements du site. Les touristes sont relativement rares aussi, ou alors j'ai une tolérance accrue aux gens depuis le confinement... Allez savoir. En tout cas c'est un joli moment que l'on passe sur place à attendre les éruptions de Strokkur ("bon, allez, encore un") dans l'espoir de faire la photo parfaite, finalement anéantie par Jacky, touriste français professionnel du photo-bombing.
On se chauffe sur un banc au soleil en admirant le panache du geyser sur fond de ciel bleu et on pourrait facilement rester plus longtemps entre les chaudrons d'eau turquoise et les traces couleur de rouille étalées sur le chemin.

Mais l'heure tourne et la fin de la journée est synonyme de détente et de découverte en ce qui me concerne, puisque nous avons réservé 3 tickets au secret Lagoon, la plus ancienne piscine thermale d'Islande, du côté de Flúðir.
Moins touristique que le Blue Lagoon, il a quand même eu le droit à un petit lifting sur les infrastructures, mais reste davantage réservé aux initiés. Si vous n'avez pas, comme moi, une passion pour les douches communes dans le plus simple appareil vous pourriez être déstabilisés.
Personnellement, ça n'aura fait que rajouter au sentiment de liberté du voyage.
Le bassin se trouve à côté d'une rivière et est assez profond pour nager facilement. On peut récupérer des frites de piscine dans un coffre et se laisser flotter béatement pendant des heures dans une eau douce à la température idéale. Un petit ponton en bois encercle l'espace baignade et permet d'aller se promener à proximité d'autres sources bouillonnantes qui chuintent gaiement sous le soleil.
On s'arrache difficilement à la baignade au bout de deux heures de bonheur pour reprendre la route de l'auberge.
Le tableau du soir baigne dans la lumière du soleil couchant, et comme dirait Bobbi dans Wild, "There is a sunrise and a sunset everyday, and you can decide to be there for it."
Message reçu, Fafa décide d'endosser le rôle de chasseuse de soleil du voyage.
















