J3: Les toits de Prague
Courte nuit aujourd'hui puisque mes (jeunes) compagnes de chambrée ont un train pour Budapest à 5h du matin et ont manifestement décidé qu'une nuit blanche leur serait plus profitable que de se coucher tôt.
#okboomer
On peut donc dire que ma nuit a commencé à 3h du matin et s'est achevée avec la femme de ménage qui est venue défaire les lits à 7h30.
Au travers de la fente d'une paupière encore collée par le sommeil, j'ai entrevu un soleil éclatant, un ciel limpide et mes pieds ont fait le reste pour me porter jusqu'à la douche brûlante qui a eu pour effet de me remettre d'aplomb pour une nouvelle journée crapahutage.

Le petit dèj, c'est pour les faibles. L'appareil photo fermement arrimé à mon épaule, je reprends le Pont Charles (ça faisait longtemps) toujours aussi désert mais beaucoup moins austère dans le soleil levant.
Je passe par hasard devant le musée de Kafka devant lequel on peut euh... admirer (?) une autre oeuvre de David Černý qui représente deux hommes en train de faire leur miction matinale dans une flaque en forme de République Tchèque et dont je ne m'avancerai pas sur la signification.
(est-ce que j'ai vraiment envie de la connaître?
...
à priori non).
Je bifurque ensuite en direction de la colline de Letná que j'ai repérée comme étant un spot photo incontournable de Prague dans le petit matin

(merci Google maps et mon emploi du temps de prof qui m'a permis de faire des visites virtuelles en amont).
La matinée me permet donc de profiter de l'air vivifiant de février dans le parc pour un vrai moment zen au soleil avant de redescendre en ville pour jouer ma carte "Klementinum" devant les toits de la ville qui m'appellent.
Avant de partir, je voulais aller voir un concert dans la chapelle des miroirs mais ils ne jouent pas en basse saison.
La seule visite possible du Klementinum, fondé par les jésuites, comprend quand même la bibliothèque nationale et surtout l'accès à la tour astronomique à laquelle on accède par une foultitude d'escaliers en colimaçon recouverts de linoléum.
J'ai demandé le jour de mon arrivée si les photos de la bibliothèque étaient autorisées, ce à quoi on m'a répondu:
"Hmmmm. Officiellement, non..."
On est effectivement loin de l'officiel quand la guide nous dit que si on fait vite et sans flash, elle peut regarder ailleurs pendant 2 minutes.
Bon ben go alors!
Les portes s'ouvrent alors sur le paradis des rats de bibliothèque.
J'entends vaguement la guide en arrière plan parler des différentes sections de la pièce (les mots qui me reviennent sont "théologie" "latin" et "tchèque") et je me perds dans la contemplation des fresques et des rayonnages à perte de vue.
La bibliothèque étant nationale, tous les ouvrages sont consultables. Même si la majorité d'entre eux se lit maintenant sous format numérique.
On ressort de la pièce pour éviter de perturber la température et le niveau d'humidité et on reprend les escaliers pour monter en haut de la tour.
La guide nous parle d'un astronome tchèque dont le fantôme hanterait le Klementinum, particulièrement en hiver, et qui se manifesterait par des couinements ponctuels dans la tour.
Je fais subrepticement couiner la semelle de mes chaussures sur le linoléum.
Tout le monde sursaute.
Je rigole.
Au bout de la volée d'escaliers, la tour s'ouvre aux quatre vents pour nous laisser nous émerveiller devant les toits de Prague dans le soleil de midi.
"Tu voulais du rooftop, eh ben t'en as"
Étant donné que la météo risque de repartir vers le gris après ce soir, je pense que j'ai bien joué le timing et que j'aurai enfin pu apprécier Prague sous le soleil, ne fût-ce que pour quelques heures.
À la descente de la tour, je retombe sur mon francophile préféré avec la petite dame aux flyers qui me conseillent un restaurant traditionnel Tchèque juste à côté du Klementinum.
L'occasion d'enfin tester la cuisine locale et leurs portions XXL (je ne le savais pas... Mais comme ils font des doggy bags j'ai de quoi manger ce soir à l'auberge).
Puis je rentre pour ma pause tea time/blog traditionnelle histoire de reprendre des forces pour la fin de la journée.
Le hasard fait bien les choses puisque je suis sur place quand arrivent les nouvelles locataires du dortoir: Kami, une californienne et Yessi, une espagnole.
Le courant passe direct et on décide de ressortir pour une visite de Prague en soirée.
Direction Havelská et ses petits cafés. On jette notre dévolu sur Pivnice „U zlatého slona“, un bar bistro qui sert de la bonne bière avec des assiettes de tapas Tchèques (genre saucisses fumées à la sauce brune et aux oignons ou camembert aux poivrons).


















