15 août 2021
Fljótsdalur de la Vallée du Vent

(Les photos qui suivent ont principalement été prises par Fafa-sunshine lors de ses explorations matinales et nocturnes)
À quelques encablures entre Hvolsvöllur et Thorsmörk se niche Fljótsdalur, ou "Vallée de la Grande Rivière".
La maison, dont le toit végétal est parsemé de fleurs mauves en été, est un concentré de douceur de vivre et de chaleur humaine.
Judi et Paul sont tour à tour les voiles et le gouvernail de ce lieu hors du temps, qui tient finalement plus de la Guest House que d'une auberge de jeunesse.




Mon séjour sur place en 2016 avait été bien trop court pour saisir la dimension quasiment familiale de la maison.
Pour avoir aussi loué des chambres à l'Auberge du Chat qui Louche, je sais que l'équilibre entre accueil et intimité est parfois fragile.
Mais Paul et Judi aiment les gens. Et ils aiment l'Islande. Ce qui nous fait un point commun.
Au fur et à mesure des jours sur place, on remarque les petits riens qui font de la maison bien plus qu'un simple arrêt sur la route du voyageur.
Des tournesols poussent sur les rebords de fenêtre, des vases de couleur et des bougeoirs en verre sont Judi-cieusement placés de façon à capter la lumière du soleil.

Chaque bouteille ou canette partagée autour du feu rejoint ses congénères dans la guirlande de la grange.


Et autour de cette bulle de couleur, les paysages dans toute la force brute de l'Islande.

Il suffit de quelques mètres à flanc de colline pour fouler un sol qui n'a jamais été piétiné auparavant. Les herbes rouges et violettes montent parfois jusqu'à la taille et pour trouver son chemin "il suffit de suivre la trace des moutons... Ils savent ce qu'ils font."





Quelques arbres sont plantés mais la plus grande partie de la vallée est balayée par le vent qui pousse les nuages pour en faire un tableau toujours changeant, oscillant entre les reflets de l'eau sous le soleil et la cime embrumée des montagnes.
C'est à la fois émouvant et douloureux d'être mis si clairement devant l'accomplissement d'un rêve qui aurait pû être le mien, si j'avais plus de courage et de savoir-faire.



Ça me confirme aussi qu'au centre de mon balancement se trouvent la curiosité de l'autre, un coin de canapé sous une bibliothèque et un coin de fenêtre pour regarder au loin.



J'espère que mon deuxième passage ici sera comme celui d'un pendule, dont les oscillations de plus en plus courtes me renverront au fil du temps sur les chemins de Fljótsdalur.
