11 février 2022
J4: petites balades et grandes assiettes
Vu que la météo devait franchement tirer sur le gris et le mouillé ce matin, je pensais en profiter pour lancer une grasse matinée, mais c'était sans compter avec les rencontres imprévisibles en auberge de jeunesse.
Yessi ne reste que la nuit et doit repartir dans la journée vers 17h, on va donc en profiter pour se balader un peu à deux dans la ville, avant de retrouver Kami pour le déjeuner.
Au bout de 3 jours de randonnée, une femme a malgré tout besoin d'énergie et, avant toute chose, nous nous asseyons en face de deux assiettes (enfin... plateaux) de petit déjeuner tchèque avant d'aller nous balader dans le quartier juif.
Comme prévu, la pluie commence bientôt à tomber et les gènes hispaniques de Yessi ont un peu du mal à supporter l'humidité ambiante.On trouve donc refuge au café Golem où on est accueillies comme des reines par le gérant qui s'inquiète de notre air affamé (on vient de s'enfiler une assiette de saucisse/bacon/fromage/omelette... Je pense qu'on est loin du look famélique quand même).
On décide de se faire clairement chouchouter et je prends un latte (#DoseJournaliere) accompagné d'un beignet noyé de crème pâtissière aromatisée au rhum ("Mais on met que l'arôme parce qu'on en vend aux enfants quand même...")
Notre bonne fée est ravi d'avoir des gens avec qui papoter et jongle entre l'espagnol, le français, l'anglais et le tchèque au fil de ses anecdotes pré-covid.
Le café en lui même est assez épuré et impersonnel mais c'est finalement une bulle chaleureuse qui se crée pour un petit moment suspendu en attendant que cesse la pluie..
On s'arrache avec peine de nos sièges pour reprendre la route humide et froide le long du vieux cimetière Juif en direction du musée Kafka qui sera notre visite du matin.
Petit passage par le parc en bord de rivière
#passionphotos
puis le Lennon Wall en attendant que le musée ouvre à 11h.
"cours, Atreyu, cours!"

(On a retrouvé les clés des menottes du gars de Saint Nicolas!)
Je n'ai pas (encore) lu Kafka (et là j'entends mon père par dessus mon épaule dire: "c'est un tort.") mais le musée me donne un aperçu assez fidèle de ce personnage entre génie littéraire et névrose existentielle.
La première salle reprend les éléments biographiques de l'auteur et se finit sur un court film qui montre des vidéos de Prague au début du 20eme siècle. On s'accorde donc pour dire que c'est plus sympa de voir le musée après avoir déjà exploré la ville. Ça nous permet de nous repérer et de voir l'évolution des différents quartiers.
Il faut ensuite dénicher un corridor caché qui explore la relation douloureuse entre Kafka, sa passion de l'écriture, et son travail, qu'il n'a jamais réussi à concilier (on a un peu l'impression qu'il n'a pas réussi à se réconcilier avec grand chose d'ailleurs... Que ce soit son passé, son père, les femmes ou lui-même...)
Le musée explore les fils conducteurs de son œuvre: sa relation à Prague, à la religion juive ou au système administratif qui aliène l'individu et la société.
On descend littéralement de plus en plus profondément dans une psyché faite d'un labyrinthe de casiers noirs et laqués, de miroirs, de papier et de machines qui rendent l'expérience assez troublante voire claustrophobique.
Du coup, je lirai Kafka, mais j'attendrai peut être que le soleil revienne avant
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Au sortir du musée, on reprend la direction de la vieille ville pour la parenthèse goulash du séjour.
Après avoir retrouvé Kami sur le pont, direction la place de l'horloge pour tenter un resto identifié comme faisant un excellent goulash...
... et qui est évidemment blindé.
Je propose de repasser par notre point de chute de la veille qui sert, dans mes souvenirs, de la nourriture traditionnelle le midi.
Effectivement, on profite d'un cadre encore une fois quasiment désert et de larges assiettes de Goulash accompagné de quenelles tchèques.
On profite aussi des petites échoppes du marché qui était fermé hier soir (et qui vend les meilleures barquettes de fruits au monde).Puis c'est le retour traditionnel à l'auberge pour que Yessi récupère ses sacs dans le lobby avant son train, ce qui nous permet de chiller sur les canapés de la salle commune pendant une petite heure avant de lui dire au revoir.
La soirée se passe entre essayages de la tenue pour l'opéra du lendemain et l'accueil de Cécilia, notre nouvelle compagne de dortoir qui arrive tout droit de Mexico.
Puis je me mets en route vers la tête rotative de Kafka, autre oeuvre de David Černý, pour retrouver Georges, citoyen russe, habitant de Prague, francophile et écrivain un peu torturé avec qui je vais causer littérature en Français dans un des bars qui jouxte Národní (et où l'ambiance est franchement expat et très pré-COVID.)
Finalement je rééquilibre avec une fin de soirée filles et potins au dortoir de l'auberge avant la dernière journée où m'attend la Tosca.






