En route pour Kyūshū
Départ dans la matinée pour l'Ouest du pays et Fukuoka, la plus grande ville de Kyūshū. Toujours un peu décalés, il faut quand même faire les sacs en essayant de ne rien oublier (petite pensée pour le comté qui sera finalement resté dans le frigo après avoir survécu aux 15h de vol et échappé aux douanes pour venir au Japon.)
Les yeux encore un peu collés, il faut rejoindre la gare d'Ōsaka puis de Shin-Ōsaka d'où part le Shinkansen.
Pas de train Nozomi ou Misuho pour moi avec le JR pass. Il faut prendre le Sakura qui passe environ toutes les heures et relie la gare de Hakata, à Fukuoka, en 2h30.
Le temps de charger les sacs en hauteurs dans les wagons Jiyuu-seki (sièges non réservés en tête de train) et on laisse faire la machine, bercés par les petits jingles des annonces du Shinkansen.
Le paysage urbain fait peu à peu place à plus d'étendues et de plaines, moins construites. On voit beaucoup de rivières encaissées dans des lits en béton, des petits ponts, des champs de riz jaune sous un soleil loin d'être automnal.
On arrive finalement sur Kyūshū et on débarque de nouveau dans une gare labyrinthique : Hakata, dont nous essayons de nous extraire tout en cherchant des consignes pour nous soulager de nos sacs avant d'aller à la chasse à l'onigiri dans le Konbini le plus proche.
On trouve les casiers, on les bloque avec la Quinoa, et Google Maps nous amène, après un arrêt au Family Mart, à un petit sanctuaire où nous nous affaissons finalement pour manger nos plats réchauffés tout en essayant de lire dans le regard des Japonais qui rentrent dans le jardin si on a décemment le droit de manger des nouilles sur les vénérables marches de pierre.
(Poulet frit épicé du Konbini... autre rituel du voyage)
Le portail en bois dans notre dos s'ouvre finalement sur un Japonais qui a l'air de trouver tout à fait normal de voir trois touristes en train de pique-niquer au bord d'une rivière de gravier ratissé et qui nous souhaite chaleureusement la bienvenue, regrettant que la France ait perdu pendant la coupe du monde de rugby. Encore un terrain d'entente.
Nous finissons notre déjeuner / goûter avant d'explorer le sanctuaire (dans lequel se dressent trois stèles en hommage aux nouilles : l'endroit était finalement approprié pour un pique-nique) et de pousser jusqu'à la rivière qui est apparemment un lieu incontournable de la ville. Devant le cours d'eau bétonné surplombé de rubans d'autoroute, nous affichons un air dubitatif et rebroussons chemin.
16h sonnent et nous nous dirigeons finalement, Google Maps en main, vers l'adresse générale de notre AirBnb qui se trouve à l'ouest de Hakata et de la rivière.
Quand le GPS s'arrête, deuxième moment de flottement... Impossible de trouver le bâtiment qui correspond à la photo de confirmation.
Connaissant l'amour démesuré des Japonais pour les numéros de maisons et le nom des rues (haha... Non...) J'entreprends de déchiffrer le plan en copie du mail quand une petite mamie sort, accompagnée d'un maître d'hôtel, du bâtiment qui nous fait face...
Forcément, trois touristes qui posent leur sac à dos sur le parvis des voisins, ça se remarque.
"Et vous avez besoin d'aide? Et qu'est-ce que vous cherchez? Et c'est pas ici mais je vais à la gare, je peux vous emmener..."
Et nous revoilà donc à suivre une bonne fée qui nous amène à bon port tout en aiguisant mon niveau de conversation en japonais...
On passe un square entre deux immeubles, un Family Mart (petit dej’ de demain, check) et on tourne finalement dans une rue encombrée de vélos, de lessives qui sèchent aux balustrades et surplombée de fils électrique.
Deux studios superposés dans un bâtiment au béton un peu fendillé nous attendent.
Baba 1 - Google Maps 0
Notre bonne fée a l'air de trouver que l'endroit est un peu vieillot, et la rambarde mangée de rouille qui monte au studio supérieur lui donne un peu raison, mais tant qu'il n'y a pas de tremblement de terre, ça devrait faire l'affaire.
Le studio se compose d'une kitchenette, d'une salle de bains WC et d'une chambre traditionnelle de 6 tatamis "qui sont en herbe et sentent le foin" selon le bailleur (et qui abritent, selon toute vraisemblance, une armée de puces).
(en cas d'incendie, prière de passer par la porte)
On lance une lessive express dans le fond de la baignoire, on déchiffre la télécommande de la clim et on s'accorde une bonne sieste avant de s'arracher à nos futons pour aller manger dans le box en bois d'un boui-boui près de la gare.
Première épreuve concernant ma maîtrise des nombres en Japonais : compter un objet plat, un objet long et cylindrique, un objet petit et rond, une machine… chaque objet a un compteur spécifique.
Pour exemple (et histoire de me les garder en mémoire), en comptant jusqu’à dix
1 - Ichi
2 - Ni
3 - San
4 - Yon
5 - Go
6 – Roku
7 – Shichi
8 – Hachi
9 – Kyuu
10 – Juu
Sont les chiffres pour un calcul basique.
Maintenant, cherchez la logique dans le tableau suivant
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Un objet – Tsu |
Une personne – Nin |
Un objet cylindrique – Hon |
Un objet plat - Mai |
Un nombre de nuits - Haku
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1 – Hitotsu 2 – Futatsu 3 – Mittsu 4 – Yottsu 5 – Itsutsu 6 – Muttsu 7 – Nanatsu 8 – Yattsu 9 – kokonotsu 10 – Too |
1 – Hitori 2 – Futari 3 – Sannin 4 – Yonin 5 – Gonin 6 – Rokunin 7 – Shichinin 8 – Hachinin 9 – Kyuunin 10 – Juunin |
1 – Ippon 2 – Nihon 3 – Sanbon 4 – Yonhon 5 – Gohon 6 – Roppon 7 – Nanahon 8 – Happon 9 – Kyuuhon 10 - Juppon |
1 – Ichimai 2 – Nimai 3 – Sammai 4 – Yonmai 5 – Gomai 6 – Rokumai 7 – Nanamai 8 – Hachimai 9 – Kyuumai 10 – Juumai |
1 – Ippaku 2 – Nihaku 3 – Sanpaku 4 – Yonhaku 5 – Gohaku 6 – Roppaku 7 – Nanahaku 8 – Happaku 9 – Kyuuhaku 10 - Juppaku |
Du coup, quand vous voulez commander 3 assiettes de 2 brochettes de poulet… vous faites comment ?
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Shinkansen - TGV Japonais
Family Mart - Avec le Seven Eleven, une des chaînes de Konbini les plus répandues. Ils ont un rayon boissons chaudes qui sont un peu moins chères et un peu plus variées que celles en distributeur.
Baba - Grand mère (Diminutif de Obaasan)
Jiji - Grand père (Diminutif de Ojiisan)














