Premières explorations
Si Londres est magnifique au printemps, pour le lake district, l'automne est à privilégier. Peu de visiteurs, des lumières rasantes et des couleurs à tomber.
Keswick est un petit village au bord d'une rivière et entouré de montagnes qui finissent toutes en -fell.
Scafell, Bowfell, Cawfell, Winterfell...
Bon, le dernier c'est une blague... Mais on est bien dans le nord, au sud du Mur, et les sept royaumes se foutent un peu tous sur la gueule... Entre Daenerusse qui a lâché ses dragons sur la Syrie et les LannisTrump qui veulent nous envoyer les marcheurs plus Blancs que Blancs, un peu de calme et de sérénité, ça peut pas faire de mal. D'ailleurs c'est ce que la majorité des visiteurs viennent chercher.
Aujourd'hui, je me lève donc aux aurores pour profiter du lever de soleil sur la région. Le temps de refaire le plein et je pars au sud de Keswick en direction de Buttermere, un joli lac dont on m'a vanté les qualités photographiques. Je longe mon premier lac très rapidement : Derwentwater, qui profite des premiers rayons de l'aube et sur lequel je teste donc les réglages de l'appareil.
Le lever de soleil est effectivement très joli mais la haine des anglais pour tout ce qui ressemble à un bas côté (haiiiiiies <3) rend les photos très difficiles, sauf sur les endroits qui font apparemment consensus. Et cette fois, pas question de s'arrêter au milieu de la route, les virages faisant partie du charme britannique.
Je quitte donc la route principale rapidement pour me diriger vers Honister Pass, un col brumeux et escarpé à souhait qui offre de petites pépites pour qui sait gérer un démarrage en côte.
Le point culminant du col est occupé par une autre auberge de
jeunesse qui côtoie une ancienne mine d'ardoise. Deux murs sont érigés de part et d'autre de la route et ouvrent sur une route en pente qui zigzague jusqu'en bas. Et comme le passage des cattle grids le laissait prévoir, c'est le moment de retrouver mes potes les moutons!
Bombés en rose (probablement pour éviter de les perdre dans les fougères) ils sont quand même sacrément fluffy! Et pas hyper timides.
Passés les bestiaux, le paysage s'adoucit un peu jusqu'à s'ouvrir sur les rives de Buttermere et son lot de photographes.
Le paysage est tout à fait poétique et l'absence totale de vent permet de beaux reflets de la ligne de pins maritimes qui se mire à l'extrémité est du lac. Les promeneurs sont là mais peu nombreux vu l'heure matinale, et ils sont de toute façon d'une discrétion impressionnante.

On retrouve les groupes de photographes par grappes sur des points de vue apparemment choisis, ce qui me fait dire que la photo, c'est un peu comme la pêche: on attend des heures sans bouger sur un tabouret pour réussir une prise, on a des discussions que personne d'autre ne comprend, et quand il fait beau, il y a des cars de vieux qui débarquent en masse pour profiter de l'occasion (comment ça 'non'?)

Bref, mon parcours matinal m'amènera jusqu'à Cockermouth, ville de Wordsworth, mais comme je n'y connais rien et qu'on est seulement en fin de matinée, je décide d'aller plutôt à la découverte du Mur d'Hadrien, cet empereur romain qui avait tellement les chocottes des barbares venus du nord qu'il a préféré construire une frontière infranchissable d'ouest en est, agrémentée de quelques camps romains, sans savoir que son tas de pierres servirait 2000 ans plus tard à faire des randonnées et de l'escalade (et des prieurés tout autour...)

On m'a vanté Sycamore Gap, c'est donc là que je vais. Encore un pay and display car Park que je choisis cette fois d'ignorer, et je me lance dans l'escalade du promontoire qui mène à steel rigg, un relief escarpé qui mène à Sycamore gap (enfin ça je l'ai su plus tard puisque j'ai fait demi tour avant pour cause de dos en vrac).
Le mur suit le bord de la falaise et la balade est très jolie. Les lumières de fin d'après midi mettent les pierres et la lande en valeur et je m'offre une petite demi heure de marche sur les traces de Biggus Dickus et de ses potes (pour ceux qui n'ont pas la référence et me prennent pour une grosse crado, allez vous culturer et on en reparle).
C'est en reprenant la route vers les vestiges de l'une des garnisons que je verrai le fameux sycomore de loin...
La batterie mourante de mon appareil me décide finalement à rentrer en longeant quand même Ullswater et ses petites jetées avant de rentrer papoter avec les résidents de l'auberge.
(ci dessous, des efforts camouflages ratés... on voit bien que ce sont des ratons laveurs)














